
Cette nuit je suis allée en boîte, un endroit chic, fréquenté par des gens qui, en général, n'ont pas à s'en faire dans la vie d'un point de vue pécunier. Mais je m'étonne chaque fois que je vais dans ces endroits de l'adrénaline qu'un mélange de lumière et d'un boum-boum turbulent puissent provoquer. C'est comme si obscurité, scintillement de paillettes, musique de passage et bonheur étaient convergents. Mais vous savez ce que disait Pascal à ce propos? "Le roi se divertit en allant à la chasse et en jouant aux cartes car le jour où il s'arrête, il réfléchit sur sa condition humaine. C'est pour cela que l'enfermement isolé est considéré comme une terrible punition" (Pensées, Pascal, fragment ??). On comprend mieux alors déjà pourquoi chaque atome en boîte arbore joli décolleté, brushing longue tenue, make-up de star et sourire éblouissant. J'ai lu que Fréderic Beigbeder (un "auteur" dont je n'aime ni le style trop présomptueux, ni la personnalité qu'il affiche, mais voilà bien le seul point où nous sommes d'accord) avait dit à propos des boîtes de nuit justement : "Ces endroits servent à autre chose : à crier sans que personne ne s'en aperçoive. A se noyer dans la foule des solitudes agglomérées. Chacun pour soi, le bruit couvrira tes sanglots, et dans le noir personne ne verra tes grimaces". Mais finalement c'est vrai : pourquoi se plonger dans un univers où la communication est impossible avec le reste du monde, si ce n'est pour enfouir névroses, fuite, et inconscient surgissant?Certains me diront que l'on peut aimer juste danser et s'amuser. Je leur répondrai que si effectivement le fête est imminente dans ce genre d'endroit, nous devons admettre que l'on est jamais plus seul et loin de soi-même lorsque l'on se laisse entraîner sous un flot de musique assourdissante. La proximité des corps est évidente quand la distance des esprits est loin.
Et quand on te regarde danser, tu te fous alors de ce que l'on peut penser ou alors d'autres se soucieront davantage de leur sensualité. Les filles deviennent toutes concurrentes et les hommes ont les hormones qui bouillonent. Soyons réalistes, on cherche à séduire le plus possible car cela nous rassurera, et le lendemain, devant son café, on estimera avoir passé une très bonne soirée. Ou bien, on se lévera bourré(e) de complexe et notre ventre se tordra d'amertume. Ou alors encore, on se réveillera auprès d'une créature qui ne ressemblait pas à ce que l'on imaginait : quand le maquillage s'en va et que le matin se lève, les regards se fuient car la réalité du petit soleil levant éblouie et pique les yeux.
Toutefois, je suis fière d'être allée dans cet endroit car bien que bourré de gens avec qui je ne partage pas du tout les mêmes idées politiques, et donc pas non plus les mêmes valeurs, j'ai prouvé silencieusement à ces gens que les gauchos ne sont pas des sectaires qui s'enferment. On peut se sourire tant que l'on ne se parle pas! Car, pouvons-nous vraiment s'aimer lorsque l'on ne partage aucune valeur commune?
Sur ce, je m'en vais faire mon devoir de jeune citoyenne!
PS : je m'aperçois d'un certain décalage horaire dans mon blog : il n'est pas 4h11, mais 14h...
1 commentaire:
Pour répondre à ta question ,je pense qu'il est souhaitable de partager les memes valeurs et les memes convictions pour s'aimer .
C'est bien aussi de partager aussi les memes dégouts et de s'indigner et de s'engager ensemble !
Concernant les boites de nuit (pour en revenir au sujet de ton article) j'aime m'y rendre pour danser et faire la fete mais certainement pas pour tenter de dialoguer avec quelqu'un (impossible en boite à moins de crier !!) . Un peu d'insouciance ne fait pas de mal et pour dialoguer et mieux connaitre quelqu'un , rien ne vaut les diners entres amis.
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